Quand l’argent public dope le prix de réparation des appareils électriques

Écrit par Alexis Constant
Bonus-réparation-gaspillage-argent public @penguiin/shutterstock

Mis en en place en 2022, le « bonus réparation » a poussé les réparateurs à augmenter leurs tarifs de 12% à 18% dénonce la CLCV, une association de consommateurs.

Fours à micro-ondes, sèche-cheveux, lave-linge, téléviseurs, électronique, appareils photo, téléphones portables, informatique, jouets, etc. : après avoir décortiqué des dizaines de milliers de notes de réparations, l'association de consommateurs CLCV relève des augmentations de tarifs allant de 12% à 18% pour de nombreux appareils. 

A l’origine de cette dérive, le « bonus réparation » des appareils électroniques, mis en place par le gouvernement depuis un an. 

Avec cette aide financière, l’État prend en charge une partie du coût des travaux, pour inciter les consommateurs à faire réparer les appareils du quotidien plutôt que de les mettre à la benne. On estime que la durée de vie moyenne d'un appareil électroménager est d'une douzaine d'années.

Doublé depuis le 1er janvier 2024, le montant de ce bonus va de 15 à 60 euros.Cette ristourne est directement déduite de la facture par le réparateur, qui se fait ensuite rembourser par un « éco-organisme ».

Pour bénéficier de cette largesse, le propriétaire doit se rendre chez un réparateur référencé « qualiRépar », un label réservé aux « professionnels compétents ». Ils seraient aujourd’hui au nombre de 4 700 sur le territoire. 

Par ici la bonne soupe :  selon la CLCV, une partie des opérateurs (artisans, réparateurs indépendants, réparateurs industriels, SAV fabricants et SAV distributeurs) a bien compris l’aubaine que représente ce bonus financé avec l’argent des contribuables. 

Sur les 160 000 réparations effectuées en 2023 et bénéficiant du bonus, les prix de remise en état ont augmenté de 8% en moyenne

Le prix de réparation des lave-linge, fours encastrables ou cuisinières est en hausse de 12 %. On atteint 14 %, en moyenne, pour les téléviseurs et jusqu’à 18 % pour les smartphones. 

Cette hausse est également imputable à l’inflation, tempère la CLCV qui incrimine l'augmentation du forfait de déplacement de certains réparateurs et la complexité des réparations.

La CLCV demande aux pouvoirs publics d’assurer « une surveillance constante des tarifs », un point essentiel pour garantir l’efficacité à long terme du fonds réparation.

Depuis 2024, les critères de labélisation prévoient une clause de modération tarifaire, en clair, un blocage des prix de réparation.

Le même effet d’aubaine pourrait être constaté pour le bonus réparation des vêtements et chaussures (de 6 à 26 euros) que l’État nounou a lancé en 2023 pour augmenter la durabilité des trousseaux. 

Publié le jeudi, 11 janvier 2024

3 Commentaires

  • Lien vers le commentaire lou fabou vendredi, 19 janvier 2024 Posté par lou fabou

    Toutes ces aides sont néfastes ! Elle ne servent pas une majorité de Français. Prenons l'aide pour l'acquisition d'un véhicule électrique, 4000 € je crois, elle bénéficie à qui ? aux personnes qui peuvent acheter un véhicule coûtant plus de 20 000 € car c'est le prix des voitures neuves aujourd'hui, mais pas à la majorité de la population qui roule avec des voitures assez vieilles et ne peut pas acheter une voiture électrique une fois payer les charges du quotidien. D'un côté l'état verse des allocations pour l'immigration illégale, des aides pour les plus nantis pour acheter des voitures électriques et au milieu il y a ceux qui paient toujours plus et ne bénéficient pas de toutes ces aides, mais les financent.

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  • Lien vers le commentaire du puytison jeudi, 18 janvier 2024 Posté par du puytison

    Eh oui, la plupart des aides de l'état sont bien sûr louables mais il y a toujours des corollaires qui en annulent partiellement les bienfaits. C'est la même chose pour d'autres aides à la transition écologique: Les devis de rénovation thermique sont surévalués par les entreprises qui tiennent compte des aides, quand elles ne récupèrent pas directement certaines subventions. Un contrôle de l’état sur les dépenses qu'il engage devrait exister, même si les sommes apportées le sont par des entreprises (Total, Carrefour, Leclerc, EDF...). Ce contrôle n'étant, souvent qu'a postériori (la cour des comptes, p.ex.) sur les dépenses régaliennes ou pour les services d’état, nous ne sommes pa prés de le voir sur ces sujets.

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  • Lien vers le commentaire lou fabou jeudi, 18 janvier 2024 Posté par lou fabou

    Il fallait s'y attendre, l'état met 3 semaines minimum pour payer les artisans, alors ces derniers ont prévu des agios payés par les clients et non par l'état comme cela devrait être ! Le jour où un membre de ce gouvernement aura une idée sensée et génératrice d'économies, il pleuvra des Louis d'or ! Quelle connerie que ce bonus. L'état ferait mieux de lutter contre la fin programmée des appareils ménagers. Cette fin programmée est interdite mais elle est toujours appliquée et personne ne dit rien.

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