Politique de la ville : une machine sans compteur

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Éditorial de notre numéro spécial "Politique de la ville : 40 ans d'échecs payés par les Français"

«La politique de la ville est un désastre», écrivions-nous il y a cinq ans à l’occasion d’une précédente enquête de Contribuables Associés. En 2021, la situation continue de s’aggraver dans les quartiers.

Logement, éducation, insécurité, immigration, impuissance de nos institutions… Même les juges empesés de la Cour des comptes le disent.

Dans un rapport publié en décembre 2020, les magistrats de la rue Cambon constatent que l’attractivité des quartiers prioritaires n’a pas progressé malgré tous les milliards déversés.jean baptiste leon tous contribuables

Et Dieu sait pourtant si on y a mis des moyens : le quartier de La Duchère, à Lyon, qui a connu de violentes émeutes début mars, bénéficie depuis 2003 d’un plan de rénovation à 700 millions d’euros.

Abreuvée d’argent public et profitant de l’attractivité économique de la capitale, la Seine-Saint-Denis, cette Mecque des caïds, est le sixième département le plus riche de France, si on se réfère au PIB.

Et cela sans compter les milliards clandestins de la drogue…

La politique de la ville, c’est entre 200 et 400 milliards d’euros de dépenses en un peu plus de 40 ans. Le chiffre est incertain, tant les dispositifs sont opaques et les données lacunaires.

À elle seule, la rénovation urbaine des quartiers prioritaires aura engagé 90 milliards d’euros d’investissements publics et privés d’ici 2030.

« J’ai un plan : il faut remédier à la situation par des moyens appropriés ». Cette sentence éternelle du trop méconnu Ferdinand Lop va comme un gant à nos politiques qui alignent les plans banlieue depuis des décennies. 

Cela en serait risible si ce n’était l’argent des Français qui part ainsi en fumée pour les résultats que l’on sait.

Le Président Macron aurait conscience du problème, si l’on en croit Le Canard enchaîné.

L’hebdomadaire satirique a rapporté des propos tenus le 16 mai 2018 en conseil des ministres : « La politique de la ville est un échec. Depuis 20 ans, on a donné des milliards sans jamais régler les problèmes. »

Une déclaration louable et un constat que faisait également Nicolas Sarkozy, quelques années plus tôt. L’actuel Président a dit niet à un nouveau plan Borloo des banlieues.

Mais, à l’instar de son prédécesseur, il n’a pas mis un coup d’arrêt à cette redoutable machine à biffetons qui permet d’acheter la paix sociale dans les banlieues.

Violences urbaines, meurtres à la Kalachnikov, prostitution des mineures, trafics d’armes et de drogue, islamisme et djihadisme… Un nombre croissant de quartiers sont hors de contrôle.

La situation est telle que, depuis 2018, des « quartiers de reconquête républicaine » fleurissent sur tout le territoire.

Qui aurait cru que la République se mette un jour en mode Reconquista ? Le Cid Campeador et la victoire en moins…

Jean-Baptiste Leon

 

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Lu 961 fois Publié le vendredi, 26 mars 2021