Archives nationales : négation du service public et obscénité des revendications de la CGT

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Rien ne va plus aux Archives nationales !

En souffrance pour cause de Covid, une partie du personnel, par la voix de la CGT, a posé des réclamations qui, comme on va le voir, témoignent d’une perception très particulière des réalités économiques du pays et, surtout, d’une conception singulière du service du public, autrement au service des utilisateurs.

 

Dans le vrac des revendications figurant dans un tract en date du 10 février (voir le visuel ci-après), on note :

une « présence maximale de 3 jours par semaine », un « renforcement et une intensification du télétravail », un accueil des visiteurs à « 40 places », le plafonnement à « 4 cotes par jour » par utilisateur, une réduction de l’amplitude horaire de 10H00-15H00 pour « éviter aux agent.e.s (sic) d’emprunter les transports en commun pendant les heures de pointe ».

Le meilleur suit : 

« De facto placé.e.s en « première ligne », les agent.e.s des Archives nationales demandent la reconnaissance de la dangerosité de leurs conditions de travail par l’attribution d’une prime Covid d’au moins 200 euros nets par mois, avec effet rétroactif depuis novembre 2020, pour toutes et tous ».

Et pour « renforcer l’attractivité des services », on rajoutera la demande d’une prime d’attractivité  qui ne « peut être inférieure à 200 euros nets par mois ».

Ce délire prêterait à sourire s’il avait pour auteur un comique du Jamel Comedy Club. Mais il émane d’une représentation syndicale qui, probablement, prend son rôle au sérieux. Or, sérieux, ce fatras ne l’est pas.

Il faut avoir été, ne serait-ce qu’une fois, aux Archives nationales pour mesurer, de visu, combien, ces sacrifiés « en première ligne », comme ils définissent eux-mêmes la position combattante qu’ils occupent, sont en surnombre.

Surnombre en regard du travail que réclament les utilisateurs des dites archives.

Ceux qui, plus âgés, ont en mémoire l’époque où les cartons n’étaient pas limités à 4 par jour et étaient apportés par les manutentionnaires à la place assignée au lecteur, peinent à voir en quoi les conditions de travail se sont détériorées.

Ce dont témoigne ce texte est la déconnexion complète entre une fonction publique au chaud, moins essentielle au pays osons le dire que les infirmiers, policiers et camionneurs, une fonction publique assurée de son salaire jusqu’au décès, et le reste du pays qui, faute de pouvoir travailler, plonge dans une authentique détresse.

Indépendamment de l’obscénité de ces revendications, il est une nouvelle fois démontré que la notion de service public n’a plus, dans ce pays, de consistance.

Chaque agent prend l’utilisateur en otage, et peu lui importe d’afficher un total mépris pour sa mission, ce pourquoi il a été embauché et payé.

Considérant les dysfonctionnements chroniques du service public des Archives nationales, il convient encore de s’interroger sur la passivité de la hiérarchie qui, manifestement et pour son propre confort, préfère fermer les yeux et les oreilles devant les agissements de ce personnel qui, demain, exigera sans doute de ne plus travailler, avec maintien du salaire.

Les utilisateurs des Archives nationales à Londres, Berne ou Washington, peuvent témoigner combien est délabré le fonctionnement de nos Archives nationales, entre les mains de personnels qui, visiblement, détestent leur travail.

Il suffit de les écouter, car ils parlent beaucoup et tiennent à se faire entendre par une salle où règne le silence.

Les signataires de ce « cahier de revendications » n’aiment pas leur travail, soit. Mais alors, qu’ils en changent. Où, s’ils restent, qu’ils se mettent au service du public.

 François Garçon, membre de l'Assemblée générale de Contribuables Associés

Le courriel de la CGT Archives adressé à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture :

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Dites non aux financements publics des syndicats 

Les syndicats ne cessent de quémander et recevoir de l'argent public. Il faut que cela cesse !

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Lu 34299 fois Publié le lundi, 15 février 2021