Réindustrialisation : ce n’est pas grâce aux aides de l’Etat

Écrit par Aliénor Barrière
Réindustrialisation - argent public Réindustrialisation - argent public jarmoluk pour pixabay

Créé il y a quatre ans, le sommet Choose France vise à présenter et expliquer aux grandes entreprises internationales les réformes menées pour favoriser l’activité économique de notre pays. Il permet également de souligner l’importance des investissements internationaux pour soutenir la croissance, l’innovation et l’emploi partout en France.

 

La 5e édition s’est tenue lundi 11 juillet au château de Versailles en présence de 180 dirigeants de grandes entreprises internationales. A cette occasion, Emmanuel Macron a annoncé 6,7 milliards d’euros d’investissements étrangers et la création de 4000 emplois pérennes. La réindustrialisation de la France est en marche, cocorico ! Quoi que.

D’où vient ce grand succès ? Pour le Président et ses ouailles, pas de doutes, c’est grâces aux aides publiques. L’occasion de prouver enfin qu’une aide publique peut ne pas coûter de l’argent, mais aussi en rapporter, une occasion attendue depuis longtemps !

Et là, patatras, le président de l’Université Paris-Dauphine El Mouhoub Mouhoud lance une bombe :

« Les aides directes aux entreprises pour relocaliser sont inefficaces ». Comment ? Nous aurait-on menti ?

Et le professeur d’économie d’en rajouter une couche : « Il n’y a pas de corrélation entre les investissements directs de l’étranger et la réindustrialisation ».

Pire encore, le déficit commercial extérieur de la France atteint désormais 100 milliards d’euros en un an.

Quant aux projets d’investissements étrangers, ils sont certes d’un niveau record en 2021 (1 220 décisions d’investissements), mais ils créent moins d’emplois que dans d’autres pays…

Rappelons que l’aide à la réindustrialisation finance entre 30 et 60% des dépenses d’investissement, pour un programme d’un minimum de 5 millions d’euros.

Les investissements vantés lors de Choose France s’appuient sur le plan France 2023, doté de 30 milliards d’euros ; y ont droit les secteurs jugés prioritaires comme celui de la santé ou du recyclage.

Mais si tous ces milliards ne sont pas déterminants dans l’attractivité de la France, peut-être pourrait-on les affecter ailleurs, ou pourquoi pas, les rendre aux Français.

Aliénor Barrière

Lu 290 fois Publié le lundi, 18 juillet 2022

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