Police : où va l’argent des contribuables ? Un policier témoigne

police-argent-public-bureaucratie police-argent-public-bureaucratie © Savvapanf Photo - Shutterstock

Le ministère de l'Intérieur bénéficie d’une hausse de la mission « Sécurité » de 200 millions d’euros pour atteindre 13,9 milliards dans le cadre du budget de l'État pour 2021. Mais où va cet argent ? Un policier de terrain témoigne pour Contribuables Associés.

 

« Le budget "Sécurité" sera en hausse de 200 millions d'euros en 2021 pour le porter à 13,9 milliards d'euros.

30 000 caméras piétons ont été commandées pour équiper 150 000 fonctionnaires, soit 1 caméra pour 5 policiers. Nettement insuffisant diront les plus moqueurs.

Mais n'oublions pas que tous les policiers ne sont pas sur le terrain et beaucoup d'entre eux utilisent leurs deniers personnels pour s'équiper (chaussures, gilet tactique, ceinturons…).

Que dire du parc automobile, avec des compteurs qui affichent 250 000 kilomètres, des véhicules dans un piteux état et de faible puissance… Comment intercepter de grosses cylindrées ?

Alors la question est : "Où va cet argent ?" Il est croqué par la bureaucratie et utilisé pour graisser la patte des effectifs du corps de conception et de direction de la Police nationale.

Autrement dit, les commissaires de police.

Ils mettent la pression statistique sur les effectifs qu'ils dirigent en poussant à la formation, en insistant sur la verbalisation,  qu'une interpellation soit faite pour mettre un bâton dans leurs tableaux.

Prenons pour exemple un point de deal, où les heures de travail varient entre 15 heures et 02 heures. Des va-et-vient ont lieu de la part des clients, carte de fidélité en poche pour la dixième dose gratuite.

L'intérêt pour gonfler les chiffres, c'est d'interpeller le client à la sortie du hall d'immeuble ou de le verbaliser avec la nouvelle amende forfaitaire délictuelle qui rapportera plus d'argent dans les caisses de l'État.

Si vous interpellez le dealer, vous mettez fin au trafic, et en plus, vous faites en sorte qu'un dossier judiciaire soit constitué, ce qui coûte de l'argent à l'administration.

Bien moins intéressant que les multiples clients ou l'amende délictuelle à 200 euros.

N'oublions pas que dans le fonctionnement du trafic de drogue, les membres du réseau iront dépenser leur argent dans les magasins de vêtements ou d'articles audiovisuels.

L'État récupérera la TVA et les charges payées par les commerçants. Donc il vaut mieux préserver le trafic car le délit profite à tout le monde.

Les services d'enquête n'ont plus rien à voir avec les séries policières diffusées à la télévision française.

L'objectif fixé est de sortir un maximum de dossiers plus que de résoudre les affaires.

Autant vous dire que les enquêtes sont bâclées et que, faute d'éléments ou de preuves suffisantes, le parquet décide d'un classement sans suite. Et hop ! Un bâton pour le patron.

Les affaires les plus intéressantes sont celles où les auteurs peuvent être facilement identifiés et interpellés. Dans la case "Affaire traitée et résolue", le chiffre de 100% apparaîtra.

Les employés travaillent et les chefs récoltent tous les bénéfices.

Pour les primes de résultats exceptionnels, le policier de base touche 500 euros sur son salaire de décembre.

Pour un commissaire divisionnaire de police, chef de circonscription de sécurité publique (gros commissariat), le montant de sa prime peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros...

Au niveau d'un directeur départemental, il faut compter une centaine de milliers d'euros.

Croisons les doigts pour que l'augmentation budgétaire ne termine pas sur les comptes en banque des patrons. »

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Bureaucratie : la suradministration nous coûte 97 milliards d’euros par an !

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Lu 1086 fois Publié le mardi, 08 décembre 2020