Budget : la Cour des comptes jauge les prévisions gouvernementales avec scepticisme

Écrit par Fabrice Durtal
Finances publiques-déficit-budget © Fotolia

Prévisions de croissance et réduction de la dépense publique surestimées : la France aura du mal à trouver les 60 milliards d'euros d’économies promis à Bruxelles d’ici 2027.

La véritable exception française n’est pas culturelle, elle est budgétaire.

Dans son dernier rapport sur les finances publiques (publié le 21 juin), la Cour des comptes a examiné à la loupe les trajectoires envoyées par les gouvernements des 8 principaux pays de l’UE dans le cadre du programme de stabilité (PSTAB).

Conclusion : la France devrait être le seul pays dont le déficit public dépassera encore 3% du PIB en 2026.

Même un pays comme l’Italie qui part pourtant avec un lourd handicap (déficit de 8%) devrait rentrer dans les clous, Paris jouant la lanterne rouge.

Cette prévision est d’autant plus négative que la procédure pour déficit excessif (plus de 3% du PIB) devrait être réactivée en 2024 après avoir été mise entre parenthèse durant la période du Covid.

Des prévisions de croissance enjolivées

La casserolade budgétaire de la Cour des comptes sanctionne les prévisions figurant dans le programme de stabilité envoyé à Bruxelles par le gouvernement, car trop favorables. Par exemple des prévisions de croissance enjolivées : 0,3 point de plus que le consensus des économistes.

Selon les magistrats financiers, même si le niveau de la dette baisse un peu à la fin de l’année prochaine, pas de quoi pavoiser : la France réalise l’effort financier le plus faible de la zone euro et déficit pourrait atteindre 4,9% du produit intérieur brut cette année (contre 4,7% en 2022).

Concernant la dette, les magistrats relèvent que même avec un retour à 108,3 % du PIB en 2027, elle représentera 12% de plus que son niveau d'avant Covid. Une dérive beaucoup plus forte que celle des huit principaux pays de la zone euro.

60 milliards d'euros à trouver

La Cour des comptes a calculé que le gouvernement devra trouver 60 milliards d'économies supplémentaires d’ici 2027 pour tenir l’objectif budgétaire annoncé à l’UE et sans que cet effort garantisse à 100% un retour sous la barre des 3% !

Pour trouver ces 60 milliards, il faudra freiner le taux de croissance de la dépenses publique de 1,2 à 0,4% et tenir cet engagement jusqu’à 2027, estime la Cour.

Un pari difficile à tenir puisque Paris se refuse réduire la dépense publique, par exemple en taillant dans les aides sociales ou en diminuant le nombre de fonctionnaires.

Si la maîtrise de la dépense est moitié moindre que prévu et que la croissance tourne autour de 1,4 % par an (et non + 1,7 % comme anticipé par Bercy) entre 2024 et 2027, la dette atteindra 116,1 points de PIB d’ici 4 ans.

Soit 8 points de plus que les prévisions revigorantes de Bercy !

Publié le vendredi, 30 juin 2023

3 Commentaires

  • Lien vers le commentaire jamas jeudi, 27 juillet 2023 Posté par jamas

    Le petit inventaire de Fabrice est éloquent...et bien réel...et pas exhaustif du tout. Dans tous les coins il y a des profiteurs d'argent public qui défendent leur pré carré, leur rente de situation déguisée en utilité publique contestable. Contestable du simple fait qu'on n' a pas les moyens de toutes ces dépenses publiques. Dans tous les coins il y a des économies publiques à faire. La vision comptable des affaires publiques n'est pas une maladie honteuse mais bien plutôt une vertu. On vit au dessus de nos moyens et on refile nos dettes démentielles aux générations suivantes, sans aucune retenue. Tout cela est tellement frappé au coin du bon sens que plus personne de sensé ne le conteste. Dans le discours oui, mais pas quand il s'agit de passer aux actes...puisque tellement de français profitent de la situation, et pas uniquement en haut lieu.
    Merci quand même à la Cour des Comptes de dires les choses aussi clairement. Le hic, c'est qu'elle n'a pas de pouvoir coercitif : comme par hasard !

    Rapporter
  • Lien vers le commentaire guilleroux samedi, 22 juillet 2023 Posté par guilleroux

    je ne peux que confirmé et approuvé les propos de Fabrice; les retraites aussi auxquelles prétendent les emigrés sans jamais avoir cotisé un seul centime!!! autant qu' un smicard, pas étonnant qu'ils viennet tous chez nous

    Rapporter
  • Lien vers le commentaire fabrice jeudi, 06 juillet 2023 Posté par fabrice

    Tout le monde sait qure ce ne sera pas possible si on garde les choses comme elles sont. 41 ministres et secrétaires d'état, c'est 20 sz trop, des gens comme Véran, schiappa et Consorts sont inutiles, plus de 500 conseillers à 10 000 € par mois, à quoi servent les ministres s'ils ont 12 conseillers chacun pour faire le boulot ? 575 députés alors que 200 suffiraient, 348 sénateurs qui ne sevent à rien puisque c'est l'assemblée qui décide en dernier ressort. Trop d'élus, commune, comcom, département, région, état, il faut supprimer des étages du millefeuilles. Trop de personnes logées gratis ou qui perçoivent des primes de logement, un smicard paie son loter, pourquoi pas un ministre ? Trop de dépenses sociales en faveur d'étrangers qui n'ont jamais versé 1 centime en France. Supprimons l'AME, l'ASPA...

    Rapporter

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'entrer toutes les informations requises, indiquées par un astérisque (*). Le code HTML n'est pas autorisé.

Votre adresse email ne sera pas affichée sur notre site Internet.