Bruno Le Maire, le Janus de Bercy

Écrit par Fabrice Durtal
Bruno Le Maire © Shutterstock

Le ministre de l'Économie positionne le rétablissement des finances publiques au centre du débat après avoir pratiqué une politique inverse depuis 2017.

 

Juré, craché : il n’y aura pas de nouveau « quoi qu’il en coûte » affirme désormais Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, en promettant néanmoins des aides « ciblées » aux professions touchées par la crise énergétique.

Lors de ses vœux aux acteurs économiques, l’ancien candidat à la présidence de LR en 2016 (2,4% des suffrages) vient de souligner sa volonté de ramener le déficit français à moins de 3% du PIB d’ici 2027 contre 5 % environ en 2023 ; et de stabiliser la dette publique à horizon 2025, sans augmentation d’impôt.

Qui parle ? Lorsqu’il était candidat à la primaire LR, le candidat s’était engagé à réaliser 85 milliards d’économies durant son quinquennat.

Il proposait de supprimer 500 000 emplois publics en 5 ans ainsi que de remettre en cause le statut de la fonction publique territoriale.

Depuis qu’il est ministre de l’Economie (2017), les effectifs de fonctionnaires ont progressé chaque année (+ 0,6% en 2020) tandis que l’emploi dans la fonction publique territoriale a diminué de… 0,2 %.

A lire les propos de Bruno Le Maire entre le printemps 2020 et l’hiver 2023, on a l’impression qu’il ne s’agit pas du même homme.

Bruno Le Maire et le "quoi qu'il en coûte"

En 2020, il mettait en musique les modalités d’application du fameux « quoi qu’il en coûte » présidentiel avec un bel entrain. Signait les chèques sans compter. Affirmait que les finances publiques seraient mobilisées à l’infini.

Dans une interview au Figaro en avril 2021, Olivier Dussopt, son "adjoint" , alors ministre de l'Action et des Comptes publics chiffrait à 424 milliards d'euros le tribut pharaonique alloué à la crise.

158 milliards d'euros pour l'année 2020, 171 milliards en 2021 - dont 56 milliards dédiés aux mesures d'urgence - et 96 milliards d'euros en 2022.

Toujours plus. Il y a quelques semaines, le ministre de l’Economie se félicitait de la mise en place d’un bouclier énergétique sans équivalent dans le monde, accordait une ristourne sur les carburants, versait des chèques inflation, des chèques carburant (jusqu’à 100 euros), justifiait un plafonnement de la hausse du gaz (15%) maintenu en 2023 pour les petites entreprises et les ménages, etc.

Soit 42 milliards d’euros de « quoi qu’il en coûte » supplémentaire : une politique du chèque sans provision financée par la dette publique.

Bruno Le Maire et la maîtrise de la dépense publique

Nouvelle volte-face début 2023 : cette fois le ministre de l’Economie a troqué le visage du Rigolus pour celui du Tristus.

Le quoi qu’il en coûte, c’est la préhistoire, explique-t-il.

La dépense publique est désormais évaluée à l’euro près et une trajectoire budgétaire permettant de brider l'augmentation des dépenses publiques à 0,6 % par an est à l’ordre du jour.

Qui croire ? C’est du côté de Washington que l’on trouve le sérum de vérité.

En novembre dernier, Jeffrey Franks, chef de mission du FMI, a « recommandé » à la France de stopper le « quoi qu'il en coûte » et encouragé le pays à assainir ses finances sans attendre.

Bercy s’est mis au garde-à-vous. C’est sur cette base que Bruno a retrouvé Le Maire et la parole publique une polarité pour les prochaines années.

Publié le lundi, 09 janvier 2023

6 Commentaires

  • Lien vers le commentaire DEJOUX vendredi, 20 janvier 2023 Posté par DEJOUX

    Nous sommes dirigés par des élus incompétents incapables de respecter leurs paroles, avec des vues à court termes et qui ne pensent qu'à se remplir les poches et à assurer leur avenir politique.

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  • Lien vers le commentaire copp mercredi, 18 janvier 2023 Posté par copp

    M. LEMAIRE fait payer les diverses cotisations aux petits retraités, mais, il donne de nombreuses défiscalisations aux patrons, qui n'ont pas cessé de s'enrichir. Exemple: pour 82 € de retraite d'une de mes caisses de retraites, je paie 9,1% de cotisations et 2,3% aux impôts. C'EST SCANDALEUX. A faire passer le message aux médias.

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  • Lien vers le commentaire barral mercredi, 18 janvier 2023 Posté par barral

    Ce ministre, et il n'est pas le seul, est un boni-menteur. Nous sommes face à des gestions gouvernementales de plus en plus au coup par coup, motivées exclusivement pour sauver des côtés de popularité ou pour faire aboutir des volontés de castes au-dessus de la mêlée. L'argent demandant l'argent, les castes riches d'aujourd'hui, sans le garde fou d'une morale du partage ou d 'une religion de la charité, en veulent encore plus jusqu'à précipiter leurs propres fins (l'idiotie les guette eux aussi). Car si les classes qui travaillent ne parviennent plus à consommer qu'un minimum de survie, mettons, pour exemple, que la FNAC (le quoiqu'il en coûte parmi les plus scandaleux du 1er mandat Macron) baissera son chiffre d'affaire immédiatement. Nous savons depuis longtemps que les très riches dépensent certes, mais ne font pas la fortune d'un pays comme une classe de plus en plus aisée. À partir de là, entre ces données et des incompétences notoires, nous savons que nous sommes dirigés par des "bricoleurs" de l'économie, dispendieux de l'argent des contribuables, s'enrichissant personnellement de leurs mandats au long des années et des réseaux qu'ils se fabriquent. Leur nullité en matière économique étant peut-être le garant de leur accession aux postes de décisions. Je préconiserais (sur le principe de la taxe d'apprentissage) que des particuliers regroupés en association de contribuables, aient le droit d'une orientation d'une partie de leurs impôts. Ces associations cibleraient des secteurs d'aides et l'état n'aurait plus le monopole des décisions et des gaspillages qui vont avec.

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  • Lien vers le commentaire HOCHARD mercredi, 18 janvier 2023 Posté par HOCHARD

    Commençons par faire des économies de fonctionnement de l’etat et la chasse aux fraudes sociales (45 milliards par an quand même depuis….tant d!annees)
    Ensuite nos dirigeants seront plus credibles

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  • Lien vers le commentaire DURANCE mardi, 17 janvier 2023 Posté par DURANCE

    Personne n'avait prévu la crise Covid. Avec le "quoi qu'il en coûte", la France s'en est sortie plutôt mieux que nos voisins. Que l'on "essaye" de reprendre les bonnes intentions et une certaine maitrise des dépenses, ne me parait condamnable. bonne chance à lui et à la France

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  • Lien vers le commentaire Justin samedi, 14 janvier 2023 Posté par Justin

    Lemaire, c'est le docteur jekill et lister aide de la macronie ! Il vide les poches des classes moyennes pour remplir les caisses de l'état. un vrai sacerdoce.

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