Tribune de Catherine Rivory-Zivi
Sur le site "Mes droits sociaux", on peut noter qu’il existe 58 aides sociales.
Résultat : chaque organisme octroie son aide si le prétendant coche bien toutes les cases prédéfinies, mais personne ne sait, ni même ne se demande combien d’argent tombe, au final, dans l’escarcelle du dit bénéficiaire.
Pour réduire les dépenses tout en améliorant la justice sociale, il suffirait de mettre en place le concept de Maximum Solidaire.
L’idée est simple : définir un montant maximal pour le cumul des aides sociales non contributives n’excédant pas 60 à 70 % des ressources disponibles pour une personne au SMIC.
Afin de redonner confiance et motivation aux Français, il faut que le travail paie.
Avant d’octroyer une aide sociale non contributive, quelle qu’elle soit, il faut donc s’assurer que le cumul des aides sociales non contributives ne dépassera jamais 60 à 70 % de ce que gagnerait une personne travaillant au SMIC et placée dans une situation familiale comparable.
Car autrement, pourquoi travailler ? Pourquoi se lever le matin ? Il faut presque se demander si ce différentiel de 30 à 40 % est suffisant pour motiver les Français à se lever.
Le calcul du Maximum Solidaire devrait être fait par un organisme de protection sociale en déterminant le Maximum Solidaire pour chacun des cas de figure : personne seule, femme isolée, couple, famille avec un ou plusieurs enfants.
Une fois ce Maximum Solidaire déterminé, il faudrait prendre en compte et monétiser les avantages induits par l’obtention d’un logement social, des diverses versions de la CMU, la gratuité des transports... pour effectuer le comparatif et s’assurer que l’aide sociale cumulée ne dépasse pas le plafond ainsi établi.
Ce calcul devrait même être étendu à des niveaux de salaires supérieurs car les ménages de la classe moyenne sont largement les plus pénalisés par notre système social. Ils n’ont pas de logement social, pas de CMU. Ils paient leurs transports, leurs mutuelles, leurs tickets modérateurs…
Certains acteurs économiques ont déjà travaillé sur une Allocation Sociale Unique ; ils ont estimé que si cette dernière était établie à 80 % du SMIC, cela représenterait déjà une économie de 26 milliards d’euros.
Or cette Allocation Sociale Unique ne prend même pas en compte dans son calcul les avantages annexes que sont le logement social, le transport gratuit, la CMU…
Autant dire qu’il y a beaucoup à gagner en se penchant sur ces concepts. Bien évidemment, les oppositions sont nombreuses et l’on imagine aisément pourquoi…
Si le Maximum Solidaire permettrait certainement des économies et une transition vers une plus grande justice sociale, il pourrait également sortir notre modèle de l’ornière de la SMICARDISATION…
Catherine Rivory-Zivi
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